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24 juin 2011

Ah douce France!

Voilà bien quelques jours que je débarque de mon voyage en France où j'ai fait une résidence d'artiste grâce au centre d'artiste du GRAVE de Victoriaville dans le vieux château de Chevigny en Auxois-Morvan (Bourgogne). Cette expérience que je prévoyais inoubliable l'a été a bien des niveaux. Bien sûr, je m’apprêtais à des rencontres de toutes sortes avec des artistes d'un peu partout et je n'ai pas été déçue.

Ce qui m'a le plus surpris c'était l'état d'apaisement que je ressentais, entourées d'autant d'artistes se levant le matin après un petit café et un bout de pain, se mettre au travail le plus sérieusement du monde pour réaliser leur œuvre avec une profondeur bien sentie. L'aide et les échanges généreux m'ont enveloppés et avec enthousiasme je me mettais au travail moi aussi. En fin de journée, on se retrouvait tous pour manger autour d'une grande table marquée de ses nombreuses conversations animées. Et au couché du soleil on admirait la plaine brumeuse au chant incessant des moutons et des vaches. Voici mes petites installations in situ cachées sur le terrain autour du château du Centre de ressources du CRANE.

Venir au monde

Se tenir debout

Jouer

Devenir habile

Savoir partir à temps
Riche de mots dans toutes les langues, de pensées dans toutes les formes artistiques, de façon de percevoir le monde, je reviens repue. J'ai de quoi réfléchir quelque temps au rôle de l'artiste qui donne ses trouvailles au vent à qui sait les saisir au vol. Dommage qu'il y si peu de monde le nez en l'air!

Pour voir mes photos de voyage ainsi que quelques artistes du CRANE cliquez ici

21 août 2010

Dilemme urbain

 Cet été nous avons été toute la famille nous promener dans Charlevoix. Nous nous sommes arrêtés faire un petit tour au célèbre symposium de Baie St-Paul qui commençait tout juste cette semaine là. Je croyais bien y voir des peintures de bateaux, de chiens loups et des cabanes sous les arbres mais j'ai été étonné d'y rencontrer des artistes au style très contemporain dans une démarche prometteuse qui me donnait à moi aussi des idées de grandeur. Dommage par contre que si peu d'artistes étaient présents en ce début de symposium et pas beaucoup de maquette de ce que nous allions découvrir.

En face se trouvait le musée d'art contemporain de Baie St-Paul où il y avait une exposition de Lucie Duval "Tailleur de fortune" où l'on pouvait voir des installations, costumes, lapins géants fait entièrement avec des gants blancs de travailleurs. Une exposition exceptionnelle, inspirante comme j'ai rarement l'occasion d'en voir! J'ai beaucoup aimé les mobiles fait de centaines de lapins aux humeurs changeantes, genre de journal en sculptures et les robes, pantalons et autres habits ingénieusement fabriqués aux titres très symboliques.



En voyant le long du chemin les multiples ateliers d'artistes à visiter, je me pose à nouveau cette question: est-ce plus profitable à un artiste de s'installer à la campagne avec tout l'espace qu'il souhaite pour se faire un immense atelier en plus d'une galerie grandiose où défileront les quelques touristes à la voiture encombrée ou se noyer dans la masse urbaine à se battre comme des crabes afin de s'infiltrer péniblement dans une petite galerie daignant égratigner leurs murs d'oeuvres inconnues? Je n'ai jamais de réponse. Tout le monde choisit un chemin et espère... Peu arrive à se tailler une place mais presque tous continue sans relâche. Mais qu'est-ce qui nous pousse à ne jamais arrêter de créer? Construire son univers. Comprendre où on va. Qui on est. Parfois, les thérapies et les religions ne sont pas suffisantes. On a besoin de sortir de soi. Une impression de se prendre en main. Une liberté totale de battre de ses propres ailes et de ne pas le faire pour les autres. L'envie de choisir l'inexploré. Le goût du jeu. Je dirais même que l'art n'est pas là pour être consommer mais pour donner l'exemple.

13 juillet 2010

Festival du Recycl'art 2010

Encore une fois, je participe à ce bel évènement du Festival du Recycl'art loin loin dans l'Outaouais mais qui en vaut le détour. Étrangement, je m'y sens chez moi. Je veux dire que c'est bien la seule galerie où je ne me sens pas comme un chien dans un jeu de quilles et où j'ai envie d'ouvrir les yeux bien grands pour connaître les autres énergumènes de mon espèce avec leur drôle de production fait de déchets divers endimanchés par un imaginaire débordant.


Cette année, je me suis même impliquée dans leur tout nouveau CA et le site web que j'ai un peu renipé question d'attirer quelques branchés de la ville qui seraient enfin curieux de découvrir un univers plein d'humour et de formes étranges, de matières inhabituelles, de textures surprenantes!


Donc je vous invite à aller faire un tour à Montpellier du Québec (pas en France) y faire une petite nuit de camping tant qu'à faire, voir le paysage, respirer un bon coup et voir cette belle expo dehors comme dedans au Centre d'Art Contemporain de l'Outaouais.


Festival du Recycl'art du 10 juillet au 3 octobre 2010
19 rue Principale,
Montpellier, Qc
J0V 1M0
tél.: (819)423-6257


8 novembre 2009

Victoriaville accueille Recycl'art 2009

Voilà un bon bout de temps que je me demande comment une telles quantités et qualités de grands sculpteurs reconnus se retrouvent à Montpellier, petit village d'irréductibles outaouais, presque incognitos avec ce dynamisme et cette originalité qui n'est pas coutume par les temps qui courent.







Certes, on fait tout pour amener les gens voir cette expo dans ce beau petit coin de pays et je suis bien la première à être contente de sortir de la ville pour une fois. Mais, je reste un peu étonnée que les grandes villes ne sautent pas sur l'occasion pour les inviter! Cette fois, le centre d'artistes GRAVE de Victoriaville est venue et ils ont fait une sélection de 13 artistes dont je suis vraiment toute honorée d'être l'invitée parmi Jacques Charbonneau fondateur de Recycl'art, Armand Vaillancourt, Diana Boulay, Jean-Pierre Major, Pascal Demonsand, Armand Destroismaisons, Daniel-Jean Primeau, Daniel Guindon, Annie Forget, Normand Ménard, Annick Schulz et Joanne Migneault.





Donc nous avons passés une belle petite soirée sympathique à discuter lors du vernissage qui a eu lieu le 6 novembre dernier. Mais, l'expo se poursuit jusqu'au 11 décembre 2009. Sortez de la ville et allez vous délier les pattes en visitant le Québec et par la même occasion Recycl'art ou autres belles expos pleine de trésors cachés!
On pense souvent que les grandes villes ont plus à offrir en matière de culture mais, je me rends compte que ce n'est pas toujours le cas. La complexité des systèmes de sélection des galeries et centres d'artistes, le financement des lieux, l'espace moins disponible, les délais souvent très longs rendent parfois de belles grandes expositions plus simples à réaliser à l'extérieur de la ville. Alors, n'attendez plus que la montagne viennent à vous!

GRAVE
17, rue des Forges,
Victoriaville, Québec
G6P 1N5
Tél: (819) 758-9510

9 septembre 2009

Les jardins du Précambrien de René Derouin


En fin de semaine dernière, nous sommes allés visiter l'exposition d'art in situ des jardins du précambrien à Val David. J'étais bien curieuse de voir cette expo car j'adore ça me promener en forêt et découvrir des oeuvres tout au long du parcours. C'est toujours agréable et déconcertant à la fois. Les enfants ont beaucoup apprécier le sentier aux multiples carillons à faire tinter, surtout qu'on peut en faire soi-même sur place.

J'aimais bien aussi l'idée des hamacs installés un peu partout pour le bonheur de ceux qui veulent déguster l'aventure. Mais, comme d'habitude, j'aurais préféré en voir encore plus, même si les sentiers ont plus de 3 km de long, je restais sur mon appétit. Et les tarifs sont un peu chers pour les adultes mais intéressants pour une famille avec enfants. Toutefois, j'aime toujours ce genre d'évènement qui sort l'art des sentiers battus!
L'exposition se termine le 4 octobre et j'imagine qu'avec les feuilles rouges ça doit être beau à couper le souffle, d'autant plus que cette forêt est vraiment exeptionnelle. Un p'tit détour qui vaut la peine!

12 juillet 2009

On a sauvé Recycl'art 2009!

Comme chaque année des artistes impliqués se battent pour tenter de garder leurs évènements d'art visuel vivants. Les temps sont durs pour les petits organismes et l'argent se fait rare et capricieux. Pourquoi devrait-on encourager de petites institutions comme le CACO, centre d'art contemporain de l'Outaouais situé dans un petit village de Montpellier puisque d'autres plus imposantes se battent déjà pour des miettes? Parce que nous n'aurons jamais suffisamment de visibilité auprès du public si on attend patiemment notre tour. En art, agir est la seule option possible, même quand on n'a plus rien en poche. L'histoire se moque bien de savoir si on a eu de belle grosses subventions joufflues, il n'y a que le résultat qui subsiste. C'est là que ça fait parfois mal, plus on est débrouillard, plus le gouvernement se dit qu'on peut faire des miracles avec rien. Oui mais...bien plus avec un peu d'argent. (Copier cette dernière phrase et envoyer la au ministère de la culture avec votre adresse plus mille autres noms, plus pas mal de chance et de bonnes relations, on vous enverra un chèque.) Dommage que le résultat compte bien plus pour l'histoire que pour les institutions gouvernementales!


ben moi-même!

Jacques Huet
Martine Birobent

Daniel-Jean Primeau

Diana Boulay

Jacques Charbonneau

Jolanta Sprawka

Bob et Loulou Desautel

Mustapha Chadid

Jacques Baril


Mais, voilà, on était là encore cette année et encore une fois je reste émerveillée face à ce dynamisme d'artistes fourmillant dans ce petit coin de pays pour le simple plaisir d'inventer un monde, de se réunir sous l'orage pour parler d'idées loufoques que nous avons soudainement en tête en regardant certains terminer patiemment leur sculpture sous la pluie après plusieurs heures de voyage, plusieurs jours de travail autrement rémunérateurs, plusieurs nuits de création en but de ce partage annuel. Et merci à ceux qui ont su rendre ça possible avec de la sueur et quelques sous.
du 11 juillet au 27 septembre 2009
ouvert tout l'été, jeudi-vendredi entre 10h et 16h et samedi-dimanche entre 10h et 17h
19 rue principale, Montpellier (Québec) (non c'est pas en France) J0V 1M0
(819) 423-6257

Je ne pourrais terminer ce billet sans parler du conseil de la sculpture qui parraine le tout et qui aura lui même son exposition à Gatineau intitulée "Renaissance" en l'honneur de sa propre résurrection et on espère pour des siècles et des siècles, amen!
Renaissance
du 16 au 5 septembre 2009
vernissage 16 juillet de 5 à 7
Centre Jacques Auger, 39 rue Leduc, Gatineau
vendredi de 17h à 21h et samedi, dimanche de 13h à 17h
Jean H Guilmette (819) 778-3079

2 mars 2009

Le côté obscur de l'art

C'est tout un dédale que ces galeries souterraines. On en a la tête qui tourne. Voilà deux oeuvres que j'ai bien aimées.

Julie Picard

Jannick Deslauriers


Voilà que samedi c'était la fameuse Nuit blanche du Festival Montréal en lumière. Comme à chaque fois, je me promets d'y aller et je fainéantise à la dernière minute. Mais, là nous étions déjà au centre-ville et j'avais la ferme intention d'y traîner toute la famille en leur promettant monts et merveilles et plein la vue. J'avais repéré l'exposition d'art visuel dans les galeries souterraines, un parcours de 2,8 km et plus de 90 artistes en art contemporain y exposant.

Depuis toujours ça me fait rêver de voir l'art dans un autre contexte que la galerie. L'idée est géniale je trouve. Après avoir presque tordu un bras aux enfants, les avoir fait marcher de force, leur fermer le caquet parce qu'ils en ont marre de toutes ces expos, je finis par les convaincre par miracle, sous l'oeil désabusé de mon chum pas très plus enthousiaste. Finalement, on arrive, on marche, on marche, quelques bricoles accrochées ça et là, des vidéos, de l'eau à boire, un ami artiste qui s'amuse dans un coin, des mannequins un peu farfelues dans les corridors, des gens gentils qui nous expliquent des oeuvres qu'on ne comprends pas. Je sens qu'il y a un réel décalage entre les gens de la rue entourés de tout ce bazar et l'art contemporain qui peine à se faire apprécier. Et pourtant, je veux bien, je me renseigne, je cours les vernissages, les évènements.

Je ne comprends pas toujours pourquoi on a tant besoin d'explications pour profiter de ces oeuvres. Ça me rend un peu grise tout ça. Mais, pour une fois, je comprends le contexte de la galerie qui finalement, a de l'importance avec ses murs blancs dépouillés. Autrement, la confusion y règne. Aurais-je été plus inspirée si j'étais allée au bout de la visite jusqu'à 3h du mat accompagnée de gens intéressés? Je ne sais pas.

Parfois, ce milieu me trouble. J'ai l'impression d'être marginale dans un milieu déjà marginal, à côté du bas-côté. L'impression d'un milieu froid sans réelles émotions qui affiche une ouverture qu'elle est loin d'avoir et qui babille des mots vides et longs. Y a-t'il toujours moyen de toucher les gens? Je ne sais pas si j'y arrive plus que les autres, bombardés que nous sommes par toutes ces images, ces messages et aussi inactifs dans nos bonnes intentions. Je crois que si j'arrive à intéresser les enfants, j'atteindrai mon but. Savoir parler avec une image qui fait réfléchir, qui stimule l'imaginaire. J 'aimerais qu'on en sorte avec une nouvelle idée en tête.
Un gros défi à ce que je vois!