4 janvier 2009

Ramasser le temps perdu


Pendant les fêtes, je me promenâmes dans une petite rue montréalaise enneigée lorsque je découvrîmes à mes pieds une petite merveille toute à fait rococo. Présent de Noël probablement aussitôt acheté, aussitôt mis à la poubelle. Et, je l'avoue combien aurait été grande ma surprise si je l'eus reçûtes moi même. Mais, voilà tout le bénéfice de la découverte. C'est ainsi qu'un objet se retrouve libre de propriétaire. Une mine d'or pour l'imaginaire, de la matière première gratuite remplie de mystère, de vécu. Souvent un coup de chiffon vient à bout de ses pires défauts. C'est ainsi qu'au fil du temps, j'ai ramassé une peau de loup, des quantités de paniers d'osiers, des cahiers de tapisseries, de vieux fer à repasser, un siège de vélo, une belle table d'acajou, un coffre de pirate, un paravent en fer et je n'en finis plus de trouver, devenant même de plus en plus difficile car l'espace m'oblige à une certaine réticence.

Le hic, c'est la gêne. La gêne de prendre à autrui quelque chose sur son territoire même quand il veut s'en départir. Je me suis déjà faite engueuler par quelqu'un qui n'aimait pas que je fouille ses vidanges car elle voulait garder ses poubelles bien en ordre comme elle les avait placées. Et je suis pourtant très très respectueuse de l'état dans lequel je laisse un endroit. Je n'ouvre aucun sac, ne vide aucune boîte à l'envers.

Il faut quand même garder une certaine conscience des conséquences de ce genre de fouilles.
-Ne pas risquer d'être contaminer par des produits toxiques (les vieux ordinateur, je n'ose plus)
-Ne pas rapporter des choses qui risquent d'être infestés par des insectes (surtout les matelas qui peuvent avoir des punaises. Quand on voit une montagne de meubles, c'est peut-être mauvais signe.)
-On n'est pas obligé d'ouvrir des sacs qui puent pour trouver des trésors. Quantité de choses se découvrent à l'oeil nu. Il y aussi les éco-centres, les cours à scrap, les boutiques de l'armée du salut même si j'aime encore mieux quand c'est gratuit.

-Respecter le lieu, ne pas empirer son état à tout le moins.

Je vous encourage à oser prendre. Tout ceci est destiné à être enfoui sans aucune discrimination, il ne faut pas l'oublier. Quand je pense à la quantité astronomique de nourriture jetée avant même sa date d'expiration. On pourrait nourrir tous les pays pauvres, les habiller, les équiper, les soigner. C'est un cycle infernal auquel nous devons au moins un peu résister. Je disais plus tôt ne pas avoir de cause, mais celle-ci m'attire néanmoins, car elle est à ma portée.
J'espère un jour, par mes oeuvres, donner le goût à certain de créer leur propre univers, plus personnel, plus unique et de les convaincre de transformer plutôt que de faire table rase.

Voir un épisode de La Vie en vert ou comment disposer d'un garage plein de cochonneries.






4 commentaires:

  1. Bravo! Il faut s'arreter et "prendre' le temps!
    Christine

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  2. J'ai bien aimé le reportage de La vie en vert. On voit des gens qui ont plus de cochonneries que nous et qui ne savent pas quoi en faire, eux.

    Bravo à toi qui a l'oeil.

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  3. Oui mais disons que ce serait bien si on pouvait simplifier la tâche aux gens pour recycler leurs bébelles. Je vois mal une majorité d'entre eux faire tout ce chemin pour avoir la conscience tranquille. Mais au moins, on sait où aller maintenant, on n'a plus d'excuse.

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  4. Issus de la même démarche (acheter jetter) ramasseuse outrée, et n’ayant point souffert du manque d’espace; je suis devenu une sculpteure extrême qui doit
    redonner une nouvelle périnité à des objets qui ne mérite surtout pas les sites d’enfouillissements. J’ai tellement récupérer de matériaux que j’ai réussi à bâtir une maison avec 80% de matériaux récupéré, légèrement éloigné de la sculpture pensez-vous! Mon environnement ressemble à une grosse sculpture de Geneviève Guénette, et de là, je recompose avec plein d’objets hétéroclite.
    Les démarches se croisent, se ressemblent, j’aurais pu écrire ce texte,
    le sourire éclaire ma figure, depuis longtemps j’ai mis de côté la gêne j’ai comme un genre de fierté plutôt, mais l’épisode de la (ptite madame au bord de la crise) parce que tu ramasses ce qu’elle a décidé d’éliminer, de la planète peut-être...
    Plus d’une fois l’aventure s’est répété.

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